mardi 26 février 2019

Séance 5 / 21 février > travail en atelier


Par Océane ; photos Océane et Catherine 

Une partie des planches de références et d'intentions

Nous sommes passés à l’étape de recherches de références, et de repérages des terrains de Cépière-Beauregard. Les idées et références de chacun étaient très diverses, et sont toutes différentes :

Mostefa : recoudre la Cépière Beauregard par la voie du TOEC. Comment créer un accès plus favorable pour les habitants et les passants ? Avec l’idée d’une structure légère, modulable, comment réaliser quelque chose en hauteur pour profiter de la « skyline Toulousaine », ligne d’horizon ? ? Peut-être aussi envisager des stationnements publics pour requalifier l’endroit ?

Océane : voulant rapprocher les habitants d’une société mixte, que faire pour augmenter la confiance, briser le vis-à-vis ? Les chiens sont l’un des grands points en communs de cette cité, ils sont très présents dans ces quartiers pour éloigner les mauvaises intentions. Pour inverser ce rôle, pourquoi ne pas favoriser la promenade des chiens, pour que les habitants se rencontrent plus souvent et puissent mieux se connaitre ? 
La grande carte, avec les lieux repérés par tous et toutes


Naïm : grâce à une grande carte de « Constellation » qu’avait fait Naïm, nous avons pu repérer encore plus de terrains potentiels d’intervention sur le site, ainsi que les rapports entre eux. Intrigué par l’école maternelle, la place au sein des « tours », la gare et la voie du TOEC, l’idée est peut-être d’attirer la curiosité des gens, de les promener par des parcours ?

Aline : recréer une entrée pour le quartier de Cépière-Bas pour un meilleur accès, pour but de réhabiliter l’image du quartier, ou retisser les deux quartiers par la voie du TOEC.

Chloé : tentative d’identification d’usages visuels : signaler, voir et être vu, observer, admirer.

« Ainsi le quartier apparait comme segmenté, voir divisé. Il s’agira donc de relier les espaces, mais aussi les populations, de déterminer ce qui, dans les traditions et les pratiques de chacun, peut faire union. »

Ginette : le partage de savoirs et de culture est l’une des clefs pour rapprocher la population. L’objectif serait peut-être de réhabiliter le Château d’eau en créant une bibliothèque partagée et un observatoire ?

Klaus : « thinking out of the box », Klaus a proposé de faire un mur le long de l’autoroute Toulouse Rive Gauche, ayant pour but d’apaiser les bruits de circulations. Éventuellement un mur accessible (par-dessus lequel l’on peut passer et observer au loin) ?  Une autre idée pourrait être celle de relier les quartiers par la voie du Toec, par un « pont habité » ?
Ginette complète la carte d'analyse commune

Au tour de Naïm

Pour la prochaine séance, nous allons rencontrer des personnes du Conseil Citoyens sur site. D’ici cet évènement, l’objectif est d’aller chacun sur ses « terrains ciblés » pour une compréhension approfondie (éléments visuels, sonores, usages, végétations, matériaux, limites, accès…), afin de nourrir sa proposition architecturale.

mardi 19 février 2019

Séance 4 / 15 février > Atelier d'écriture

Par Aline + photos de Corinne


Lors de cette séance du vendredi, un atelier d’écriture a été organisé. Lors de ces quelques heures nous avons eu l’opportunité de nous mettre dans la peau de quelqu’un côtoyant le quartier, qu’il y habite ou pas. Nous avons pu imaginer ce que chacune des personnes écrirait dans un cahier de doléance mis à leur disposition. Chacun d’entre nous s’est alors imprégné de son personnage afin d’imaginer ce que celui-ci pourrait penser de son quartier et de ce qu’il réclamerait ou proposerait pour l’avenir de celui-ci.
Au travail, avec Françoise Gaudibert en animatrice de l'atelier d'écriture

Le texte de Chloé :
FICTION
Véronique, 50 ans, salariée au sein de l’association Diapason. Elle aide les personnes analphabètes et/ou des personnes ne maîtrisant pas le français, à apprendre. Elle vit dans le quartier Cépière-Haut avec son compagnon et leur fils de 12 ans. 

Ce quartier, j’y ai grandi. Mes parents travaillaient tous les deux à l’usine de la Cartoucherie, c’est d’ailleurs là-bas qu’ils se sont rencontrés. Je vivais autour de la place qu’ils ont maintenant parqué avec des rochers et des blocs de béton. Sur cette place, il s’en passait des choses. Je me souviens que mon père nous avait installé des boites de conserve en guise de chamboule-tout. Mes frères, des voisins et moi nous amusions à les viser au lance-pierre. Manque de chance, un jour elle a atterri dans le carreau de la Citroën flambant neuve de M. et Mme Martinez... on s’était pris une bonne dérouillée... Mais enfin, il y avait une bonne ambiance. Nous organisions de petites fêtes, barbecues, carnaval, ou de simples parties de boules. Que nous venions de la campagne alentour ou de villages espagnols, nous aimions manger, boire, et rire ensemble.
Et puis lorsque j’ai eu 12 ans, nous avons déménagé. Mes frères faisaient leur chemin, loin de la maison, c’était donc l’occasion pour nous de quitter le quartier : retour aux sources. Mes parents avaient réussi à économiser, peu mais suffisamment pour reprendre une petite épicerie dans leur village natal.
Aujourd’hui, j’ai fait mon bout de chemin, et depuis 10 ans, je suis retournée vivre dans le quartier. Nous nous sommes installés, mon compagnon, notre fils et moi dans un appartement situé dans une ancienne maison de maître. Nous entendons la rumeur du quartier, maintenant beaucoup habité par diverses communautés de gens du voyage. En réalité, je les croise peu mais tout se passe bien. Parfois ils organisent de petites fêtes auxquelles nous sommes conviés. Mais elles se font de plus en plus rares.
Et puis mon fils ne veut plus y aller, il va au collège que beaucoup de ses anciens camarades de classe n’y vont plus ou peu. A présent ses copains ne sont pas du quartier.
Et puis les destructions en cours ça donne une drôle d’ambiance ; le quartier semble plus calme tout en ayant des allures de fantôme.

Mais moi je l’aime mon quartier, et j’aimerai davantage partager avec mes voisins. Mais où ? Comment ? Quoi ? Que pouvons et qu’avons nous partager ? un repas ? de la musique ? des conseils ? danser ? jouer ? un jardin ? Peut-être une halle qui permette de nous abriter du vent ou du soleil trop fort en été, manger, organiser de petites fêtes...un beau jardin que nous aurions plaisir à contempler...
Et les jeunes ? que faire pour ceux qui ont l’âge de mon fils et qui errent sans savoir quoi faire ? de quoi auraient-ils besoins ? simplement un endroit où s’asseoir ou un lieu où ils sont accueillis et accompagnés ? Je crois qu’ils aiment bien détourner l’usage des choses. Alors voilà, je pense que dans ce quartier il nous faut un aménagement/ équipement qui permette de nous réunir et de faire différentes choses, Il faut qu’il soit de qualité, original et détournable pour éviter qu’il soit détérioré. Mais en même temps, il devra aussi pouvoir répondre aux envies des différentes communautés. Il faut les déterminer et trouver ce qui peut nous rassembler ! 

Le texte d'Aline :

Bonjour,
Je suis un garçon de 15 ans d’une famille émigrée espagnole habitant Cépière-haut et ayant toujours vécu dans le quartier. On vous a sûrement parlé de moi et mes copains pour toutes les bêtises qu’on a déjà faites, mais bon on s’ennuie un peu dans le quartier. Et puis fumer 2-3 pétards, mettre un peu de musique et boire une bouteille au soleil ce n’est pas si grave. On dirait que les adultes ont oublié qu’ils ont été à notre place. J’ai des copains uniquement dans le quartier mais j’aimerais bien rencontrer des copains des autres quartiers. Mais actuellement personne ne vient dans notre quartier, certains de mon école ne connaissent même pas où j’habite et les parents des copains du collège ne veulent pas qu’ils viennent chez moi.
Je déménage avec ma famille en juillet dans les nouvelles maisons de Cépière-bas. Je suis très content car c’est plus grand, plus beau et j’aurais une chambre pour moi tout seul. Mais j’ai aussi très peur car je change de quartier et je ne veux pas quitter mes copains. Dans le quartier, il y avait une maison abandonnée où l’on traine et que l’on avait aménagée avec les copains ; elle va être détruite et ça me rend triste. J’aimerais dans ce nouveau quartier un endroit où on pourrait se retrouver avec les copains et où les nouveaux habitants de mon âge n’auraient pas peur d’aller et on vous fait la promesse qu’on ne détruira pas. On voudrait vraiment un lieu où on pourrait se retrouver, où on pourrait y faire ce qui nous plait et que l’on pourrait décorer comme on veut sans que l’on nous dispute. On voudrait aussi un lieu pour faire du sport car avec les copains on joue parfois au foot sur la place le long de la route mais notre ballon a atterri dans le jardin de monsieur Roger et son chien l’a pété.
J’aimerais aussi que la voie du TOEC disparaisse car plein de copains ne pourront pas venir me voir car c’est trop dangereux de traverser la rue, une fois ma copine Capucine a failli se faire écraser lorsqu’elle était en vélo, et certains parents n’aiment pas le quartier de Cépière-bas donc au moins sans cette rue ça serait un seul quartier.
J’allais oublier, mon pépé m’a aussi demandé de vous demander de mettre plus de banc car il devient vieux et ne peux plus marcher aussi longtemps mais il aime être dehors pour profiter du soleil et du quartier qu’il connait depuis si longtemps. Il n’y a aucun banc dans le quartier pour que pépé puisse s’asseoir.
Merci madame la maire ! 

Le texte de Naïm :

Je me balade souvent dans le quartier. En fait tout le temps. Le truc c’est que personne ne fait attention à moi.
Je me sens vieux, je traine mes vielles guenilles d’un bout à l’autre du quartier. Ouais, j’en ai vu des choses et j’ai eu une belle vie avant ; si on peut appeler ça une belle vie. Mais tout ça, c’est fini. C’est ça fini et je me suis perdu ici.
Le truc c’est que j’ose plus trop sortir du quartier, un rien ne m’effraye. L’avenue de Lardenne, y a trop de voitures, trop de bruit. Pareil pour celle du T.O.E.C, ces bus passent à longueur de journée. J’ai essayé de traverser un jour, j’ai failli me faire renverser. Du coup j’y retourne plus.
Quand j’y pense, je vis au crochet de la communauté, je fais les poubelles pour trouver un peu de nourriture. Le pire je crois, c’est le regard des gens sur moi, parfois de la pitié, souvent du dégout. L’autre jour, des jeunes m’ont même jeté des cailloux. Où va le monde ? Je fais de mal à personne moi.
Je crèche à côté de l’église évangéliste. Ce n’est pas un hôtel cinq étoiles mais bon, je me la suis aménagée à mon aise ma petite niche, comme je l’appelle. Il ne faut surtout pas rater la sortie de la messe le dimanche d’ailleurs. Ils chantent bien. J’aime la musique. Et puis ces gens vous font l’aumône, de quoi manger 2, 3 jours. Enfin vivre ; survivre plutôt. Ça fait quelques années que je fais plus que ça vous savez.
Mais ici-bas (enfin haut), tout le monde fait ce qu’il faut pour survivre, chacun de son côté. Un peu de chaleur humaine !
Quoi que… L’autre jour une petite fille m’a caressé la tête… Quelle vie de chien.


Bonjour la mairie,
Normalement je n’ai pas le droit d’être ici vu que je suis sensée être à l’école protestante en ce moment. Mais bon c’était naze, alors je suis partie en douce.
Je me baladais dans le quartier, qu’est-ce que c’est moche. C’était presque plus nul que l’école. Enfin, je n’écris pas ça pour ça, de toute façon, je vis pas ici, j’habite à Lardenne alors je m’en fiche.
Par contre en me baladant j’ai rencontré un chien errant. Il avait l’air triste. Vous ne pourriez pas faire un chenil ? Ce serait chouette.
Merci !
La petite fille d’ailleurs 

Texte de Klaus : 


Un homme de 40 ans. Divorcé, un fils. Habitant dans la Cépière Haut depuis 5 ans. Conducteur de bus.

Le premier train vers Colomiers me réveille souvent mais ce n’est pas grave.

Il y a eu peu d'activité avec les voisins malgré toutes les années que j'ai vécues ici. Je souhaite qu'il y ait plus de cela. J'aime la végétation de la région et le fait que les arrêts de bus sont près de chez moi. C'est facile d'aller au travail.

Je pourrais aimer le quartier s’il y a plus de supermarché et une cafeteria peut-être.

Quand mon fils est avec moi il est difficile de trouver quelque chose à proximité.

Au total j'aime ma place malgré la vue de mon salon qui est horrible.

Texte de Mostefa-Rached :
Le quartier de Cépiere-Beauregard me voit tout les jours depuis 17 ans… surtout après avoir arrêté l’école.

Je n’ai pas grand choses à faire de mes journées et là ou je vais, ne m’intéresse pas trop, donc je reviens toujours à mon point de départ, mon quartier !

Je n’ai pas déménagé parce que cela me couterait trop cher, j’aimerai bien avoir un travail qui ne soit pas loin de chez moi mais malheureusement mon chez-moi ne me donne pas trop d’opportunités.

Les autres n’y vient pas souvent car ils ne le trouvent pas très attractif, les voisins passent à des heures précises de la journée mais ils nous voient comme des cas désespérés.

J’aurai bien aimé voir un petit équipement sportif  qui rassemble les jeunes, pas comme l’hippodrome ou le gymnase à coté, ils sont très cadrés et ce n’est pas simple d’y accéder.

J’aimerai bien voir des petits commerces, une boulangerie, une caféteria, une épicerie où les habitants y font leurs petites courses avant de rentrer chez eux, je sais qu’il y a Aldi, Lidl qui vont bientôt ouvrir, mais les commerces dont je vous parle ne sont pas si grands, ils sont destinés aux habitants du quartier, ils serviront aussi comme lieux de rencontres, lieux d’échange entre les habitants en début et en fin de journée ou même  en soirée pour prendre un verre.

Un tel projet va amener de la vie au quartier ou plutôt la canaliser, on peut prendre le modèle irlandais du « public house » ou simplement « pub » qui est un lieu de rencontre, de manger, de boire et discuter entre habitant, c’est dans cette idée là, mais pas réellement un pub.

Il a pour but de créer de l’emploi pour les habitants du quartier aussi.

Je le vois bien à coté de l’arrêt du bus car cet endroit relie Cépiere-haut et Cépiere-bas, et les gens y vont pour prendre le bus.


Texte d'Océane :

Bonjour la Mairie !

Je m’appelle Anne, j’ai 9 ans, je suis la petite fille de Mamie Coco. J’aime beaucoup le quartier où ma grand-mère habite. J’aime bien les maisons avec leurs petits jardins, et le fait qu’elles soient collées. Mamie est très sociale, elle parle souvent aux voisins à travers les grilles et j’ai toujours le droit d’aller jouer avec les jeunes du coin. Depuis que papi n’est plus là, Mamie a décidé d’adopter un chien pour combler le vide. On l’a nommé Kiki. Mamie le promène tous les soirs, pour en même temps faire du jogging et prendre l’air frais. Un jour, elle a rencontré Monsieur Ming pendant sa promenade. Il avait aussi un très beau gentil chien, Filou. Ils se sont gardés contactes pour faire des balades avec leurs chiens. Après un temps, on s’est pris rendez-vous avec Minh devant chez lui, sauf qu’on est venu à découvrir qu’il habitait à la Cépière Bas ! Mamie m’as toujours dit de ne pas aller jouer là-bas. « Ils vont t’entrainer dans des choses », me disait-elle tout le temps. Sinon à par ça, je n’ai jamais eu de mauvais souvenir. Grâce à Kiki et Filou, trois personnes se sont rencontrées. Je pense qu’il serait pas mal de faire un beau cadeau pour nos amis fidèles, car il y a beaucoup de chiens içi, mais la plupart d’eux restent tout le temps dans leur jardin pour aboyer et faire éloigner les mauvaises intentions. J’ai tellement d’idées ! Un beau parc pour chiens ! Ou une clinique ? Un centre canin ? Un café accessible aux chiens ?

Séance 3 / 14 février > rencontre avec le Phun


Par Naïm + photos d'Aline et Catherine
Pour cette séance nous nous sommes retrouvés aux alentours de 9h30 à l’Usine, à Tournefeuille. L’Usine est un Centre National des Arts de la Rue et de l’Espace Public. Cette entité accueille plusieurs groupes aux champs d’activités très diversifiés, dont le Phun, une compagnie de théâtre de rue fondée il y a un peu plus de 30 ans et présent depuis la création de l’Usine.

Cette journée nous a donc permis de rencontrer une partie de l’équipe du Phun avec laquelle nous travaillerons ce semestre : Romain, au développement de la compagnie, Élise, à l’administration, Lison, stagiaire à la communication, Phéraille, moteur artistique de la compagnie. Ils nous ont présenté d’une part la compagnie et son domaine d’activité. Puis nous avons échangé sur nos différentes découvertes sensibles du quartier de la Cépière et plus particulièrement de l’avenue du T.O.E.C. 
On installe les planches de parcours sensibles

Tous attentifs.
 
Pique-nique et discussions
Dans un second temps et après un pique-nique copieux nous avons visité la structure de l’Usine et les différents groupes qui y travaillent. 
Avec Élise, découverte de la grande halle

Après cela, Élise nous a présenté quelques projets qui nous ont permis d’illustrer un peu mieux les méthodes et leur façon d’agir sur un site. La compagnie développe des spectacles dans l’espace public. Ces spectacles surgissent dans les endroits du quotidien de façon soudaine et sans que le public ne soit mis au courant afin de faire naître l’imaginaire d’une situation de tous les jours. Grace un leur travail plastique et une mise en scène accompagnée parfois de performances théâtrales, la troupe invite et propose aux gens de s’arrêter et participer.
Des Pheuillus

Enfin nous avons terminé la journée en commençant à expérimenter le matériau de tube en carton que nous avons à profusion. 


Naïm se lance dans un premier essai.


Citation du jour : « Le théâtre invisible, tu vois ce que c’est ? » Phéraille.

mercredi 13 février 2019

Séance 2 / 7 février 2019 > Mise en contexte

Par Chloé Lacroix


Après une première visite de site, les premiers échanges.
Premier tour de table pour certains, deuxième pour d’autres, nous débutons notre collaboration. Il s’agit de partager nos impressions, ressentis, et pré-sentiments concernant le quartier que nous devions explorer “La Cépière-Beauregard”. 
Mais où commence ce quartier ? où s’arrête-t-il ? Qui sont ceux qui l’habitent ? Que s’y passe-t-il ? Comment est-il ce quartier ? 
Autant de questions auxquelles nous avons commencé répondre.
dans notre "atelier F" à l'école d'architecture
 
Pour récapituler les limites identifiées du quartier, un petit schéma !

A la suite de nos échanges, un point d’information plus "technique" concernant le contexte social et économique nous a été faite par Corinne Sadokh. Il s’agira pour nous d’être précautionneux, à l’écoute des habitants et du quartier. Nous notons aussi que certaines associations ont déja mené des projets avec les habitants du quartier, comme “En attendant les éléphants”.
Nous réaliserons des projets de deux manières ; avec la compagnie d’art de la rue Le Phun (localisée à Tournefeuille) le long de la voie du TOEC, et dans le même temps des projets individuels. Ces projets individuels s’articuleront en “constellation”. Il s’agira de construire un petit réseau de projets, dans le quartier, ayant pour thème : “donner à voir à Beauregard”.
Un phare ? un belvédère ? un observatoire ?​...à suivre...
Dans ce quartier en plein renouvellement urbain, où construction, destruction et déconstruction s’entremêlent, où des habitants restent tandis que d’autres laissent leur logement vide, il s’agira d’intervenir avec délicatesse. Nous devrons ménager le quartier et ses habitants. Les maitres mots de nos actions seront : Modestie - Précision - Rigueur - Humanité. Tout cela en nous nourrissant de ce qui est, en intervenant sans aseptiser les lieux. 

Enfin, avant de quitter l’école et nous lancer dans l’exploration de la voie du TOEC, nous avons partagé quelques vidéos. Naïm nous a présenté une vidéo faisant état d’une expérimentation qu’il a réalisé (avec trois autres étudiants de l’école) à la station de métro des Arènes (Toulouse). Il s’agissait d’offrir aux passants un moment “sort la routine” : jouer au "Puissance 4" ! Il s’était donc positionné à la sortie du métro, avec une table et le jeu de société. Cette démonstration nous a permis de voir que même une petite installation peut avoir un impact sur les gens et leur quotidien.
Pour faire suite à cette vidéo, Catherine Aventin a partagé avec nous deux court métrage réalisés par La Ménagerie :
“La marche universelle” : ​http://www.lamenagerie.com/spectacle_expo/la-marche-universelle/  
“Le flipper” : ​http://www.lamenagerie.com/spectacle_expo/le-flipper/ 

Pour finir, nous avons exploré la voie du TOEC et ses abords. 




mardi 5 février 2019

Séance 1 / 31 janvier 2019 > premier rendez-vous de l'atelier + exploration du quartier

Partir, en petits groupes, en exploration sensible du quartier :

Par Océance et Mostefa-Rached
Pour la première visite du quartier de Cépière-Beauregard, nous avons commencé notre exploration en jour de semaine en fin de matinée. Nous avons pris le bus 14 pour rejoindre hippodrome de la Cépière. Le début de la balade s’est fait sur un chemin à côté de l’autoroute, il y avait beaucoup de bruit de circulations. Petit à petit, nous nous sommes retrouvés dans sur chemins complètement éloignés du monde extérieur, aucun bruit, presque aucune présence. Passant entre des commerces et quelques hôtels, les voitures prenaient une grande partie des trottoirs pour se stationner devant l’hôtel Alezan.
Nous avons traversé l’Avenue de Lardenne, pour accéder au quartier d’habitation. La vie y semble paisible, les rues sont étroites avec des voitures stationnées au long, les trottoirs sont parfois non- goudronnés. Les maisons possèdent toutes un petit jardin, chacune avait une apparence particulière selon l’envie d’aménagement de chaque habitant. La végétation était bien présente, que ce soit de l’herbe, ou des arbres (platanes), ils y sont sur les trottoirs, les rond-points. Ces derniers n’ont pas d’activité spécifique et sont donc des “non-lieux”.
La voie du Toec marquait bien sa présence dans le quartier, comme une coupure entre les maisons d’habitations. Le chemin est suffisamment grand, les voitures plus présentes, le bus passait par ce chemin aussi. Suite à cette transition, nous sommes monté par les escaliers pour accéder à l’autre partie du quartier, en prenant la Rue Marcel Cerdan qui était sur-élevée. Nous avons ressenti cette “barrière” quand des panneaux d’interdiction ou de méfiance commençait à apparaître. Dans la zone de la “Cépière bas”, des travaux surgissent, beaucoup de maisons sont abandonnées ou évacuées. La présence humaine était moins perçues, il n’y avait pas de chantier comme l’autre partie. Les maison étaient fermées: leurs ouvertures étaient remplies de parpaings. Au bout d’un moment nous avons remarqué que la plupart des maisons étaient clôturées de grillages, donc non opaque, peut- être pour “délimiter sa parcelle” car ceci n’empêche pas les regards des passants.
Cela nous a interpelé : pourquoi ces maisons sont abandonnées / évacuées ? Depuis quand ? Que vont-elles vont devenir dans le futur ? Pourquoi dans ce quartier en particulier ? Nous avons aperçu plusieurs affaires abandonnées par terre dans les jardins des maisons, des affaires personnelles, des meubles,... la vie a abandonné ce quartier. "On dirait un film d’horreur Américain”, avait dit Mostefa.
Certains jardins étaient à moitié fermés, d’autres étaient délimités par des blocs de bétons parfois de couleurs vives, peut-être pour empêcher les voitures de stationner ? Toujours personne, sauf quelques voitures, dans cet après-midi pluvieux. Nous avons réalisé que c’etait à cause d’un projet d’habitat qu’il y avait si peu de présence humaine, à part des petits chantiers.
Ce que nous avons ressenti pour la première visite du quartier de Cépière-Beauregard, c’est l’enfermement sur l’extérieur et de l’intimité. Nous sommes souvent passés en bus à côté mais n’avons jamais découvert ce qu’il s’y passait réellement. Malgré le passage de la voie TOEC avec le bus, celui ci semble séparer les deux quartiers. Les ouvertures des maisons, fermées avec des parpaings, comme si on empêchait quelques choses d’y rentrer, comme si on avait peur. Nous nous sommes posé pleins de questions et nous avons eu l’impression que le quartiers cache des secrets.
Les travaux répartis au long du parcours nous ont rassurés, la vie n’a pas complètement abandonné le quartier, elle reste encore présente et le sera encore plus une fois les chantiers seront terminés. Cependant, que pourrait-on faire pour casser ces limites, et animer ce quartier ?



Par Ginette et Aline
Lors de notre visite du site de la Cépière à Toulouse, ce que nous avons principale- ment remarqué c’est qu’il s’agit d’un quartier principalement résidentiel avec ses petits immeubles d’habitation et ses pavillons, organisés sur ruelles ou autour de cour. Malgré la présence de 2 lieux remarquables sur et à proximité du site, respectivement L’Hippodrome de la Cépière et le Zénith de Toulouse, ces deux éléments urbains forts ne semblent pas régir ni dialoguer avec le reste du quartier.
Nous avons aussi remarqué des petites rues très intimistes, avec une atmosphère très proche du village, pleines de potentiel mais dont l’aménagement resté très succinct et froid. D’ailleurs, c’est une remarque qui s’ étend à l’ensemble du quartier résidentiel qui manque vraiment d’aménagement public...



Par Chloé, Klaus et Naïm
Jeudi 31 janvier 2019, 13h30. Pluie.
Ciel gris, pluie fine mais continue, en ce 31 janvier, à Toulouse, il fait froid. Nous voilà donc partis pour quelques heures de déambulation dans le quartier “non délimité” de ​La Cépière - Beauregard​. Nous gardons à l’esprit que nous recherchons les frontières de ce quartier, ses limites perçues, vécues.
Première exploration du site, premier lieu de rendez-vous, nous nous retrouvons au rond-point de la Cépière. A première vue, l’hippodrome domine les lieux. Rapidement les autres sens se mettent en éveil, un autre protagoniste s’impose : la voiture. Un chemin plus calme s’offre à nous, nous l’empruntons.
Enserrés entre ce qui semble être des bureaux ultra sécurisés, situés à un niveau plus élevé que nous, et une végétation peu dense, notre champ de vision est raccourci. Nous entre apercevons les écuries de l’hippodrome. Boue, boxes déserts, bois abîmé par le temps, seul l’odeur du fumier confirme la présence des chevaux. La sensation furtive d’être quelque part à la campagne, souvenir de balades dans les chemins normands...le doux son du périphérique nous ramène à la réalité. Invisible mais pourtant bien présent, il s’impose dans notre paysage sonore. L’ignorer est impossible, longeons le.
Des arbres plantés le bordent comme s’il s’agissait d’un fleuve. Une différence : un grillage entre nous et ce vert artificiel. A quoi servent elles ? Quelqu’un pourrait être tenté par un pique-nique en bord de périph’ ?
Nous rejoignons un nœud de circulation où se superposent la rocade et son pont reliant Lardenne au reste de la ville. Naïm s’exclame “La porte principale !”. Se pose alors la question des liens. Quels sont les liens à faire ? entre quoi ? quelles choses ? Comment ? Doit-on créer des portes ?

En même temps que nous prenons de la hauteur sur le torrent mécanique, des traces d’un passé détruit persistent. Terrain vidé, les restes d’une histoire s’agglutinent à ses abords : mixeurs, reste de réfrigérateurs, tissus, dossier d’une chaise. La destruction avant la création, ainsi se traduisent les “renouvellements urbains”.
Après ce vécu effacé, une histoire persiste, celle de l'apparition du quartier. Un point culminant sur lequel a été conservé une ancienne bâtisse. Seules elle et l’horizon dégagé dont elle profite indiquent qu’ici est né Beauregard. Autrefois campagne, aujourd’hui rocade.
Au bout du chemin quatre silhouettes hautes se profilent. Maintenant ce sont elles qui dominent Beauregard. Nous nous rendons aux pieds de ces dames béton.
Ce qui semble être une place commune apparaît alors au centre des bâtiments. Est elle investie par les habitants lorsque le temps s’y prête ? Sachant que seuls des lampadaires y trônent, aucune végétation, aucun arbre, cela est il possible en été ?

Nous constatons plus loin que ce non-investissement du commun doit être lié à cette place elle même ; en effet les habitants ont un jardin partagé bien approprié : épouvantail, composte...Tient, nous voilà de nouveau sortis de nos pensées. La reine périph’ ? oui, mais cette fois l’avion et le train la rejoignent. Au centre de ces logements, une symphonie de nuisance règne.




Nous changeons de voie de repère et longeons la voie ferrée jusqu’à la gare du Toec. Finalement nous voulons entrer dans le quartier que nous n’avons jusqu’alors que bordés. Une place nous apparaît. Cachée par des habitations, nous arrivons dans ce qui semble être le cœur intime de ce quartier. “La place des rochers” c’est ainsi que nous l’appelons spontanément. Elle nous offre un curieux théâtre. Elle semble à la fois appropriée par les habitants, car décorée par eux, et en même temps désinvestie voir abandonnée par la ville. S’y côtoient à la fois des maisons bien entretenues, d’autres barricadées de parpaing aux fenêtres et aux portes. La sensation qu’un destin funeste se profile pour ce quartier nous envahit. Aujourd’hui vivant, demain détruit ?
Rejoignant l’avenue de Lardenne, nous rencontrons une habitante du quartier. Pour elle, nous sommes quartier La Cépière. Elle vit Cépière-Haut (côté place des rochers), et plus bas il y a Cépière-Bas. Son quartier elle l’aime, s’y sent bien. “Moi je n’ai aucun problème avec mes voisins. Certains sont gitans, d’autres viennent d’ailleurs mais tout ce passe bien. Ce mélange me plaît. Des fois ils font la fête, ça anime le quartier et c’est agréable.” Cette habitante nous confirme qu’une opération de renouvellement urbain est en cours sur la zone. Ici, y aurait il des liens à créer ou à préserver ?
Curieux nous nous rendons à Cépière-Bas. Là nous dépassons l’étape “destruction” pour entrer dans la phase de reconstruction. Des maisons voient le jour, elles sont identiques. Après les immeubles d’habitations standardisés, la maison standard. Renouvellement ? vraiment ?
Retour avenue de Lardenne, elle nous guide jusqu’à un square. Nous abordons de nouveau une habitante. “Ah ça c’est une bonne question...dans quel quartier j’habite ? eh bien je ne sais pas. Je ne saurais pas lui donner de nom.” Nous entrons donc dans un quartier, pour l’instant sans nom. La rocade n’est plus là, nous nous éloignons peu à peu de la voie de chemin de fer. Seul l’avion se fait toujours une place. Nous ne savons pas où nous sommes, mais une chose est sûre, nous avons franchis la frontière du quartier “Cépière-Beauregard”.
Nous continuons tout de même notre exploration pour nous rendre jusqu’au parc du Barry. Plus de doutes possible, ce quartier n’est pas celui que nous cherchons à découvrir. La ville ici s’impose, nous avons changé d’échelle. Les rues sont plus larges, les immeubles plus hauts, tout est plus grand. Le zénith, un lycée hôtelier, un grand parc, le stade du TOEC...
Tout est clair. Nous sommes quartier du Zénith, quartier du TOEC, ici les équipements publics ont pris le pas sur les habitations.
Le quartier Cépière-Beauregard, nous l’avons longé, traversé, il change de visage mais les traces de sa naissance persistent, les habitants ont encore une voix, l’espace public est, pour l’instant encore dans leurs mains. Son paysage sonore est bruyant mais caractéristique. Il est délaissé par les pouvoirs publics mais investit et vécu par ses habitants. Cépière-Beauregard, aujourd’hui petit, demain plus grand ?

Nouvelle année ! 2019 > quartier de Cépière-Beauregard, Toulouse

Nous voici repartis pour un nouveau semestre d'atelier de projet, avec 9 étudiant.e.s.
Cette année, nous travaillons sur un quartier entre La Cartoucherie (explorée l'an passé) et pas loin de l'école d'architecture : Cépière-Beauregard.
De nouveau en partenariat avec la compagnie Le Phun, et soutenus par la DRAC Occitanie.
En route donc pour de nouveaux épisodes de cette exploration-proposition, jsuqu'à début juin.