vendredi 1 juin 2018

Séance 16 / 25 mai > à la Cartoucherie

L'atelier au complet pour le projet collectif : 1er plan, de gauche  à droite > Krystel, Jessica, Léa, Macarena, Péroline, Adrien, Elise, Catherine, Rosemarie, Ginette / 2e plan, de gauche à droite > Phéraille, corinne, Thibaud, Frédo, Laurie

Le second jour, a été proposé aux étudiant.e.s un petit exercice d'écriture, à partir de différentes contraintes de type "oulipiennes". Chacun s'est prêté au jeu, produisant en un temps court un petit texte mettant en scène la Cartoucherie et un des totems installés.
Mise en ligne progressive des textes des étudiant.e.s :
 
En train d'écrire !
* texte à démarreur : contrainte oulipienne classique (par ex. "Je me souviens..." de G. Perec) > commencez votre texte par : "Je ne suis pas du genre à..."

Je ne suis pas du genre à arriver en retard au travail. Je me lève à 7h40, je quitte mon appartement à 8h25, j’attrape le tram de 8h40 et j’arrive au boulot à 8h55. C’est ainsi à chaque jour de la semaine… excepté ce matin. 
Aujourd’hui, ma routine a été quelque peu chamboulée. 
Quittant mon logement à la même heure que d’habitude, j’aperçois un assemblage de tubes en carton colorés de l’autre côté de la rue. Mais qu’est-ce que c’est ? Je m’approche, curieux et j‘observe l’installation en essayant d’en comprendre le sens. Intéressant. Je continue mon chemin en hâtant le pas car il est déjà 8h30. 
En tournant le coin, je croise une autre installation tout aussi colorée et originale. Je m’apprête à continuer sans arrêter quand j’entends « hey toi ! ». Je m’arrête subitement. Qui m’interpelle ? « Salut », continue la voix, « viens dont un peu par ici jeter un coup d’œil ». Je comprends alors que cette voix provient de cette seconde installation. Cédant à ma curiosité, je reviens sur mes pas et la voix m’explique l’objectif de ces installations qui sont posées temporairement à plusieurs endroits à travers le quartier de la Cartoucherie. 
Après quelques minutes, je reprends mon chemin vers le tram et je jette un coup d’œil à ma montre : 8h45. Je vais arriver en retard au travail !
Laurie



Je ne suis pas du genre à...

... être surprise. Mais ce matin, en me rendant à la station de tram Casselardit, j’ai aperçu une petite touche de vie pour la première fois dans le quartier de la Cartoucherie. Avec les travaux, disons que l’atmosphère est toujours grise. Mais en constatant les silhouettes dessinées sur le mur avec un tracé continu d’une simple corde, j’ai eu un sentiment d’espoir que ce quartier deviendra un jour, un lieu convivial tel qu’illustré sur ce mur.

Je dois dire qu’une simple installation comme celle-ci m’a mis le sourire aux lèvres. Ça fait de plus en plus rare ces temps-ci. Je réalise que ces travaux perpétuels m’ont rendu grincheuse et impatiente. Tous les matins, je sors en vitesse de l’appartement et j’emboîte le pas pour prendre le tram. Je reviens le soir et tout ce que j’ai envie de faire, c’est m’enfermer chez moi. Ça serait bien de pouvoir sortir un peu et profiter de l’extérieur.

Justement, je ne suis pas du genre à arpenter les rues de mon quartier, mais ces installations en tubes de carton colorés ont piqué ma curiosité. Qui a mis ça ? Pourquoi ? Pourquoi s’intéresser à un quartier comme celui-ci ? Ces questionnements m’ont poussé, le soir, en rentrant chez moi, à dériver de mon parcours habituel et à aller découvrir ce que c’était que ces installations. J’ai pu découvrir des éléments intéressants de mon quartier qui semblaient se fondre dans un décor de machinerie lourde et de clôture utilisé pour la construction de la promenade des sports.

C’est bête, mais le simple fait d’avoir posé des tubes colorés dans l’espace public rendait le quartier magnifique. J’ai eu de la peine à apercevoir des jeunes étudiants démonter les installations qui ont été présentes que pour deux journées. J’espère seulement que la construction en cours permettra de créer le même effet que ces installations. 
Jessica 
 


* Carte postale : vous êtes en vacances à la Cartoucherie. Vous prenez une photo (recto), et écrivez une carte postale (verso) à qui vous voulez.
Ginette 

* 10 mots : voici 10 mots tirés de la présentation de la Cartoucherie par Oppidéa sur leur site web. Vous présenterez un des totems avec, entre autres mais obligatoirement, ces dix mots :
> > ici / périphérique / gastronomie / label / centralité / typique / palette / décembre / immédiat / 15 minutes.



Occasion unique ! Venez découvrir l’ambiance atypique de la Cartoucherie !
Facile d’accès, vous bénéficierez de la toute nouvelle navette A330 Paris Orly / Toulouse Blagnac, passant toutes les 15 minutes de janvier à décembre !
Venez y admirer immédiatement les œuvres du collectif d’artistes ENSA / Phun, heureux détenteurs du label « pique-nique d’origine contrôlée », qui mettra l’eau à la bouche aux fins gourmets de la récup’ et aux gastronomes du carton. Leur parcours commence à la périphérie et vient mettre en valeur la centralité emblématique de la Cartoucherie qu’est la promenade des sports. Ici, vous aurez peut-être la chance de croiser palettes, barrières et pelles mécaniques dans leur environnement naturel ! 
Adrien

Depuis sa création, le gruyère typique élaboré ici dans le quartier de la Cartoucherie a rencontré un succès immédiat ! Des milliers de palettes sont vendues chaque jour, pas seulement dans le monde de la gastronomie, la médecine se l’arrache aussi, on remarque que les gens qui en consomment régulièrement ont tendance à plus aller à la rencontre de leurs voisins. Ce fromage issu uniquement de lait de vache vivant sur le périphérique toulousain obtient en décembre dernier le prestigieux label fast and furious de par son temps d’affinage de seulement quinze minutes. Un chef étoilé québécois en a même fait son plat phare et a vu son enseigne être élue meilleure table de l’année 2018 !

Thibaud 


Ici, à la cartoucherie, des étudiants ont fait des totems. Une des installations est située en périphérie de la promenade des Sports. Peinturée d'une palette très colorée, elle attire certainement l'œil. Après quinze minutes, l'installation était déjà entourée de gens aussi curieux l'un que l'autre, ce qui n'est pas typique de ce quartier. Même si on n’est pas en décembre et qu’il fait beau, les gens ne restent pas pour profiter du lieu. Pourtant, il s’agit d’une centralité du quartier de la Cartoucherie. Les jeunes étudiants ont même réalisé un pique-nique d’une grande gastronomie pour inviter les gens à venir discuter avec eux. Dans l’immédiat, il reste beaucoup de choses à améliorer pour retrouver cette ambiance en permanence. Cependant, si des changements se poursuivent dans la même voie, peut-être que d'ici quelques années la cartoucherie deviendra un véritable label pour les éco-quartiers.
Laurie


* Toi : Vous observez les passants interagissants, ou pas, avec un totem. Vous en choisissez un et vous écrivez un texte en imaginant sa vie, ses pensées > le texte démarre par : "Tu as ... " ou "Tu es...". Le totem, d'une façon ou d'une autre, apparait dans votre texte. 

Tu as eu une journée un peu spéciale aujourd’hui. Tu rentrais chez toi et comme d’habitude tu profitais du chemin pour réfléchir à la quantité de travail que tu avais à faire pour le cours de philo, le cadeau de ta tante, la valise pour voyager à Paris ce weekend, et bla bla bla. Mais au moment où tu choisissais la chemise que tu allais emporter tout en traversant le pont métallique, il y eut une voix qui te fit sauter jusqu’au ciel qui t’a dit : BOUNJOUR !! VOUS ÊTES MAGNIFIQUE !!

Ça faisait plus d’un an que quelqu’un ne t’avait pas adressé un compliment aussi profond. Tu as regardé vers les bancs à pique-nique et il n’y avait personne. Sous le pont, aucun signe non plus. Mais un des poteaux du pont, peint en rouge, t’a attiré l’attention. Tu t’es rapproché et sans peur d'avoir l’air d’être un fou qui parle aux objets, tu as demandé : C’EST QUI ? La belle voix à répondu : regarde à travers l’objectif. Tu as suivi la consigne et à cet instant, le sourire le plus merveilleux est apparu sur ton visage.
Macarena

* Télégramme : vous voyagez dans le temps et vous atterrissez à la Cartoucherie, à côté d'un des totems > vous envoyez un télégramme à votre équipe restée à votre époque.

Ce matin en 2018, j’ai pris ma super trottinette qui traverse le temps pour me rendre au centre-ville de Toulouse pour voir à quoi ressemblait la ville en 1950. Elle est un peu défectueuse et elle m’a transporté dans le quartier de la Cartoucherie à la même année. Je suis arrivée devant des arbres colorés qui me regardaient d’un œil cartonné. Intriguée par cette installation j’ai posé mon œil et j’ai vu que ce tunnel de vision menait au regard d’une plante du quartier. La seule et unique présente dans ce quartier rempli de cartouches. Elle m’a rappelé qu’aujourd’hui ce quartier est devenu écologique. Étrangement, déjà à l’époque il y avait un réel désir qu’un jour le site soit moins industriel et pollué et que la nature refasse surface.
Krystel