Par Hina.
LUNDI après-midi : Tournage à la Ménagerie
Après de longues semaines, nous voilà enfin de retour dans les studios d’animation de la Ménagerie ; paire de ciseaux, bouts de papiers, crayons, bidules, perles, fils et tissus en main, nous sommes prêts à en découdre avec le banc-titre pour donner vie à nos intentions.
La productivité est au rendez-vous, et nous entamons une après-midi absorbée par le tournage. Lucie et moi, plus que motivées, réalisons que le temps nous échappe et Marc nous confie les clefs des lieux pour nous laisser le temps de fignoler notre scène. Quelques prises plus tard, nous éteignons enfin les lumières et scellons la porte du studio pour mieux le retrouver le lendemain.
JEUDI matin : Travail en Atelier
Ce jour-là, le “Quoi de neuf” se faisait plutôt timide.
Catherine nous a alors partagé quelques-uns de ses livres ("Tu es là" et "M comme la mer") sublimement illustrés de l’artiste illustratrice polonaise Joanna Concejo. Ici, les pages défilent telles les scènes d’un film, par effet de surimpression du papier translucide, l’histoire se dévoile entre intimité, deuil et amitié.
Puis, nous avons discuté du point d’étape de la semaine prochaine pour en saisir les enjeux et s’en est suivi une séance de travail sur table en groupe ou individuelle. Certains profitent de ce temps d’échange pour mutualiser le travail de fond de plan et de relevé d’état des lieux pendant que d'autres s'entretiennent avec Catherine.
JEUDI après-midi : Tournage à la Ménagerie
L’absence au studio était de courte durée, nous voilà maintenant à notre avant-dernière séance de tournage. J’ai eu la chance de pouvoir m’immiscer dans les coulisses des tournages des autres films de l’atelier. On remarque que chaque animation à son propre univers plastique et graphique ; certains s’amusent à donner vie à des formes géométriques abstraites et colorées tandis que d’autres dessinent un décor plus figuré et réaliste en créant des illustrations dessinées ou par assemblage de papiers découpés.
Mais ce qu’on constate surtout, c’est que chaque groupe a sa propre stratégie de tournage :
pendant que certains tournent le début, où le titre “racines urbaines” émerge sous une terre de kraft, d’autres filment la fin, un défilé de prénoms écrit au fil de fer suivi par un bouquet final de petits feux d'artifices de perles colorées. C’est là qu’on réalise la magie du montage, la malléabilité de la chronologie des images, où parfois, il est plus judicieux de tourner dans le désordre pour mieux trier et assembler chaque scène telles les pièces d’un puzzle animé.
De notre côté, cette fois, tout était méticuleusement organisé et chacun était à son poste. Aya, paire de ciseaux en main à la fabrique des décors les plus minutieux. Inès, les petites mains qui animent les scènes au banc-titre. Lucie, qui supervise, l’index prêt à capturer frénétiquement les vues, scrutant l’écran à l'affût de chaque petit détail qui nous aurait pu nous échapper.
VENDREDI après-midi : Tournage à la Ménagerie
Ça y est ! Nous arrivons au terme de nos séances de tournage à la Ménagerie.
L’ambiance est à la concentration pour essayer de finaliser l’ensemble de nos scènes.
Les petites mains s’activent et les cerveaux fusent, chaque groupe met au point des méthodes et des outils de travail pour donner de la dynamique aux transitions et du sens aux séquences.
De notre côté, nous réalisons des maquettes-brouillons, sorte d’extrait de storyboard grandeur nature avant de tourner nos séquences afin de tester des assemblages et des scénarios. Aussi, nous avons essayé de dessiner directement au feutre sur la vitre du banc-titre, afin de créer un effet de superposition du tracé coloré apposé au fond-photo en noir et blanc. Cette méthode nous a permis de jouer sur la profondeur des plans, la mise au point de l’objectif, mais aussi de ne pas altérer notre arrière-plan.
Malgré notre plus grande vigilance, il arrive parfois que quelques mains parasites se faufilent
dans les prises de vues. Pas de panique ! Avec un peu de débrouillardise, nous arrivons à arranger nos prises de vues et à faire disparaître en un coup de main (sans mauvais jeu de mots) cette étourderie.
J’ai également eu l’honneur de rencontrer en personne le fameux “psy qui traîne”, personnage principal d’un des films en cours.
Et puis, pour finir, quoi de mieux qu’une séance de ménage à la ménagerie !
Une fois le banc-titre brillant comme un sou neuf et nos affaires collectées, c’est avec nostalgie et plein de bons souvenirs que nous quittons les locaux de l’Usine et notre casquette de réalisateur.